Paroisse de Saint-Perreux

"Il y avait une fois une reine d'Irlande qui, devenue mère de sept garçons, tous vivants, et étant effrayée de leur nombre, donna l'ordre à la femme qui l'assistait d'aller les jeter tous à l'eau. Forcée d'obéir, la gardienne mit les sept enfants dans un grand panier couvert et s'achemina vers la rivière. Mais la providence veillait sur la destinée de ces innocents et elle fit que le roi leur père, revenant d'une guerre lointaine, se trouva en ce moment sur le chemin de cette femme".

Sept enfants

"Surpris d'entendre sortir du panier qu'elle cherchait à cacher des vagissements plaintifs, il lui demanda où elle allait et ce qu'elle portait.
La gardienne épouvantée se précipita, les larmes aux yeux, aux genoux du roi, et lui faisant l'aveu complet du crime dont elle était chargée, elle le supplia de détourner d'elle sa colère, parce qu'elle n'était que l'instrument de la reine à laquelle elle était forcée d'obéir.
Dans le premier moment de son indignation, le roi songea à punir de mort cette malheureuse femme ; mais touché par sa douleur et son repentir, il voulut bien lui pardonner, en exigeant d'elle qu'elle laissa croire à la reine que le crime était consommé, et qu'elle se mit de suite en quête de sept bonnes nourrices pour les sept enfants.
Tout fut fait comme le voulait le roi, et les sept garçons confiés à d'excellentes nourrices, furent élevés dans la sagesse et grandirent en force, en beauté et en vertu.
Quand ils furent assez grands et assez forts pour n'avoir plus rien à craindre de la méchanceté de leur mère, le roi voulut les reconnaître et les élever au rang qui leur était dû.
Il les fit tous habiller de neuf et les fit amener au palais.
Dès qu'ils furent en sa présence, le roi manda la reine et lui dit : Examinez bien ces jeunes gens, Madame, et dites-moi si vous en avez le souvenir ?
- Nullement, dit la reine, aucun d'eux ne m'est connu et pourtant sire, leur vue me trouble.
- Ce qui vous trouble, Madame, dit le roi, c'est le remords, car ces jeunes gens sont vos enfants, et aussi les miens ; enfants dont vous avez eu la cruauté d'ordonner la mort et que moi j'ai pu sauver.
L'heure de la justice a sonné pour vous et vous allez mourir...
Quant à vous mes enfants, continua le roi, non seulement je vous reconnais et vous replace au rang qui vous appartient, mais encore je fais le serment solennel de satisfaire au premier voeu que vous voudrez bien exprimer.
- Soyez béni, notre bon père, dirent les sept jeunes gens en se précipitant aux genoux du roi, mais ne changez pas en un jour d'amertume ce jour de bonheur ; épargnez notre mère, et pour que notre présence n'éveille pas en son coeur le remords éternel d'un jour d'égarement, souffrez que nous nous retirions du monde pour nous donner à Dieu..."
"Lié par son serment, le roi qui était très bon et très miséricordieux, voulut bien pardonner à la reine, mais il ne pouvait se décider à se séparer de ses fils, au moment même où il venait de les rapprocher de lui. Cependant, touché de leurs instances, il consentit à les laisser partir, mais à la condition qu'un d'eux au moins resterait près de lui.

* Statue de Saint Perreux

Sept saints

C'est ainsi que saint Maudé, saint Congard, saint Gravé, saint Perreux, saint Dolay et... saint Gorgon s'embarquèrent pour la petite Bretagne, où ils se firent les uns ermites, les autres moines.
Le septième frère qui était resté en Irlande, saint Jacut, viendra plus tard rejoindre ses frères en Bretagne et s'installera pour prier, au fond d'une immense forêt. (Textes de Monsieur Le Cler dans son livre sur Allaire reproduisant la légende commune raconté dans le Pays de Redon).

Les légendes

Saint Petroc est le vrai nom de saint Perreux.
En son temps, il fut un saint fameux, fils d'un petit roi de Cambrie, au Pays de Galles en Angleterre.
Il se consacra à Dieu et partit avec quelques amis étudier en Irlande.
Puis devenus moines, ils passèrent en Cornouaille et fondèrent un monastère celte sur les bords de la rivière Camel au lieu-dit Padstow où ils vécurent trente ans.
De nombreuses légendes font état de sa bonté.
Petroc quitta le monastère pour faire un pèlerinage à Rome et en Terre Sainte et aurait même passé quelques temps sur un îlot dans l'Océan Indien.
Il guérissait les malades, mais aussi les animaux, entre autre, un dragon ayant une écharde dans l'oeil, un daim blessé par des chasseurs...
Vivant retiré dans la lande sauvage et sentant ses derniers jours arriver, il entreprit d'aller dire adieu à ses différentes communautés et mourut au cours de son voyage. On croit qu'il vécut pendant quelques temps en ermite à Saint-Perreux au bord de l'oust, d'autres pensent que son culte a été importé d'Angleterre

À Saint-Perreux

Le monastère fondé par Petroc fut transféré à Bodmin en Angleterre.
Au Moyen-Age, ses reliques objet de la ferveur populaire, furent volées en 1177 par un chanoine augustin et emportées à l'abbaye de Saint-Méen-le-Grand en Ille-et-Vilaine.
Le roi d'Angleterre Henri II ordonna la restitution des reliques aux moines de Saint-Méen et elles furent ramenées à Bodmin en grande cérémonie.
Célébré le 4 juin, saint Petroc est l'objet d'un pardon et d'une foire dans tous les lieux qui portent son nom, entre autre Loperec dans le Finistère.
Dans le cimetière de Saint-Perreux au vieux bourg qui date du XVe siècle et relevât de la trêve de Saint-Vincent, relevant elle-même de la trêve de Peillac, on peut encore admirer cette petite église remaniée au XVIIIe siècle, rénovée dans les années 1980.
Elle mérite une visite pour son retable Renaissance en bois polychrome et ses statues.
Les moines de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon avaient obtenu des seigneurs de Rieux une concession de droit de pêche dans l'Oust et y installèrent des pêcheries de saumons, d'aloses et de civelles qu'ils exploitèrent jusqu'en 1789.
Le premier registre paroissial date de 1604 et ne concerne que ls sépultures.
Les registres paroissiaux complets commencent en 1679.

Au lieu-dit l'Abbaye, on a construit la nouvelle église et en 1860, elle est devenue paroissiale et centre administratif.

Patrimoine de Saint-Perreux

Depuis sa construction, l'église a été remaniée et sa nef entièrement renouvelée ;
La chapelle Saint-Perreux (XV-XVII-XIXème siècle), remaniée au XVIIème siècle et abandonnée depuis 1860. Il s'agit de l'ancienne église tréviale détruite en partie en 1793 par les républicains.
L'ancien édifice était en forme de croix latine à contreforts simples, clocheton carré sur l'intertransept et fenêtres ogivales.
On y voit encore quelques fenêtres à meneaux rayonnants avec restes d'anciens vitraux, et quelques vieilles statues des XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles : saint Cornély (vers 1700), saint Perreux (vers 1700) et la Vierge allaitant (entre 1815 et 1820).
Le maître-autel et retable, en bois polychrome, date de la fin du XVIIème siècle. L'ornementation murale date du XIXème siècle ;
Le calvaire du Vieux-Bourg.
La croix d'origine a disparu ;
La croix de La Graë (1892). La date de construction est gravée sur l'édifice. Un coeur surmonté d'une croix est gravé dans la partie supérieure ;
Le calvaire du Nouveau Bourg ;
le château de la Graë (XIXème siècle) ;
l'ancien manoir de La Rinçaie (XVème siècle) ;
la fontaine de La Graë ; le four de La Vérie (XVIIème siècle) ;
le four de La Cotardaie ;
A signaler aussi : le barrage de la Potinais (XIXème siècle), restauré en 1927